Racisé·e
Nous utilisons les termes de race, de racisé·e ou de racial·e au sens sociologique du terme. Les personnes racisées sont celles susceptibles d’être victimes de racisme en France, c’est-à-dire les personnes noires, arabes, asiatiques, musulmanes, juives, rroms, etc. À rebours d’une conception biologique, la race est une construction sociale au sein d’un système de domination.
Le terme a été conceptualisé par Colette Guillaumin dans L’idéologie raciste (1972). Il va de pair avec le terme « racisant » et dérive du concept de « racisation », qui désigne l’assignation à un statut minoritaire. Chez Guillaumin, le majoritaire et le minoritaire sont définis par un rapport de pouvoir. Les minoritaires sont définis par leur « rapport à la majorité, l’oppression » et se caractérisent par la particularité. La position majoritaire coïncide, elle, avec la généralité et avec la norme : le majoritaire nomme, catégorise – il racise. En d’autres termes, le couple majoritaire/minoritaire se superpose au couple racisant/racisé. Guillaumin propose une conceptualisation entièrement relationnelle du racisme et des inégalités raciales, fondée sur le geste de minorisation.
Chose intéressante : le mot racisé conçu comme Guillaumin le fait n’a pas d’équivalent direct en anglais. C’est un mot bien français.
Pour aller plus loin, voir :
Sarah Mazouz, Race, Anamosa, 2020
Solène Brun, Claire Cosquer, Sociologie de la race, Armand Colin, 2022
